Le corps biographique : Corps parlé et Corps parlant

Entretien verbal à Médiation corporelle Méthode danis Bois
Auteur(s) :

Marie-Christine Josso - Professeure de l’Université de Genève (Sciences de l’Éducation) en retraite active, Sociologue, Anthropologue

Professeure associée de l’UFP

Le renversement du rapport du corps parlant au corps parlé est-il ce qui peut amener un changement de paradigme en ce qui concerne le corps biographique ?

Nous avons à apprendre plusieurs langages. Nous avons à apprendre à nous rendre attentif, disponible à des langages dont les académies n’ont pas encore compris leur désignation de nouveaux territoires, leur expression de nouvelles prises de conscience. Nous avons à apprendre à faire fructifier leurs enrichissements potentiels. Le paradigme du Sensible me semble particulièrement bien placer pour favoriser l’ouverture à une expérience biographique sensible, incarnée et accueillant un advenir inédit.

La place du corps dans les récits de vie centrés sur la formation expérientielle

Les récits de formation et le travail intersubjectif effectué pour les analyser et les interpréter donnent accès à une connaissance de soi source d’invention possible de son devenir ; cependant les effets  transformateurs de ce travail restent aléatoires parce que subordonnés en dernière instance à la pensée réflexive et ses axiomes structurants, constitutifs de notre cosmogonie1. Or, nous le savons depuis longtemps, le changement de paradigme est loin de passer exclusivement par des choix volontaires et/ou logiques. Tout changement réel de paradigme exige des modifications profondes dans le mode de vie et, la plupart du temps, comme on le verra plus loin, s’accompagne d’un travail intégrant le corps, travail qui soutient voire fonde cette métanoïa. Les personnes avec lesquelles j’ai effectué une réflexion biographique poussée2 sur les expériences formatrices et fondatrices qui ont jalonné leur processus de formation et leur processus de connaissance appartiennent à la catégorie des personnes adultes qui donnent du crédit à l’idée de développement personnel et professionnel, par conséquent, à l’idée d’apprentissages transformateurs de leur existence. Pour elles, la formation doit apporter de la nouveauté et du changement, ignorant le plus souvent que les apprentissages nouveaux exigeront des désapprentissages (c'est-à-dire de se départir d’habitudes plus ou moins anciennes dont on devra prendre conscience qu’elles sont des freins pour aller de l’avant et pour se rendre disponible à sa créativité). Même si la personne en formation désire du changement, cela n’évite pas le surgissement de résistances de toutes sortes : depuis des mises en doute polémiques des contributions des professeurs jusqu’à l’abandon d’un cours qui menace trop une vision de soi ou de notre environnement humain et naturel, voire, à un niveau encore plus profond, des croyances, des visions du monde ou cosmogonies. Ainsi, nous avons pu mettre en évidence dans les récits une tendance forte à la conformisation et un effort considérable à déployer pour sortir de ces prédispositions socioculturelles dans leurs aspects psychiques et corporels, effort théoriquement consenti lorsque les personnes deviennent conscientes de cette programmation et souhaitent s’en libérer, mais pas toujours conscientes de la persévérance que cela exigera. La réflexion biographique permet donc une mise à l’écoute, puis une exploration des émergences intérieures (sous forme de désirs, souhaits, projets) qui dévoilent une recherche active de l’accomplissement de l’être humain dans des potentialités insoupçonnées, inattendues. Ces découvertes présupposent une vision de l’humain (l’un des volets de notre cosmogonie) qui nous autorise à imaginer et à croire en la possibilité de pouvoir, vouloir et avoir à développer ou à acquérir des savoir-faire, savoir-ressentir, savoir-penser, savoir-écouter, savoir-nommer, savoir-imaginer, savoir-évaluer, savoir-persévérer, savoir-aimer, savoir-projeter, savoir-désirer, savoir-être en relation avec un soi incarné, etc. qui sont nécessaires aux changements, à l’accueil de l’inconnu qui vient à notre rencontre dès lors que nous quittons le chemin de vie programmé par notre histoire familiale, sociale et culturelle. Cette exploration permet de faire un « état des lieux » relatif aux ressources à développer et/ou à acquérir dans le cheminement à suivre pour découvrir les potentialités d’un élargissement de la conscience  intégrant toutes les dimensions de notre être-au-monde. L’essence du travail biographique sur ces récits de vie en co-interprétation avec leur auteur met en évidence, sous la forme d’une pérégrination “ vitale ”, la recherche d’un savoir-vivre en sagesse qui se développe, comme on peut le voir dans le schéma en annexe, autour de cinq axes principaux, dont l’un est essentiellement centré sur la quête des potentialités de la conscience par des voies corporelles. Sa lecture permet d’y découvrir que chacun de ces axes participe, à sa manière, d’une interrogation plus essentielle qui  gravite autour de la possibilité de trouver “ sa juste ” place dans une communauté de vie, de définir des orientations de vie qui satisfassent un sentiment d’intégrité et d’authenticité, de mettre en évidence la formation des sentiments et des valeurs qui donnent sa palette de couleurs à notre définition du “ confort de vivre ” et, finalement, une recherche d’un savoir-vivre le corps comme point d’appui, fondement et ressource d’un processus de transformation de l’être incarné, plus ou moins en profondeur3.

Le Corps évoqué dans les récits ou Corps parlé

Le corps tel qu’il est évoqué dans les récits de formation occupe une place majeure sous différents aspects, même si l’auteur du récit n’en est pas toujours conscient ou ne l’explicite pas. De la naissance à la puberté, il est présent dans toutes les circonstances qui ont accompagné sa croissance physiologique et ses relations avec autrui. On trouve des micro-récits ou des micro-souvenirs sur la façon dont l’auteur a été en relation physique avec son environnement humain et naturel : touché, cajolé, habillé, soigné, nourri, parfois maltraité et/ou abusé, plus ou moins batailleur dans la fratrie ou à l’école, plus ou moins proche de ses sensations internes et/ou externes, plus ou moins soumis à des exigences de propreté et de maintien du corps, encouragé ou non à des pratiques sportives, plus ou moins adroit, plus ou moins sensible aux aspérités du monde matériel, plus ou moins bouleversé par l’émergence des attributs de la dimension sexuelle de l’existence, etc. (les questions de santé seront traitées à part). Après la puberté, ce corps sujet et objet de désirs sensuels sera pudiquement raconté à travers les amours plus ou moins heureuses jusqu’à l’avènement de la maternité ou de la paternité. Dans la majorité des récits de parent, le corps de l’enfant est ressenti comme une « extension » de son propre corps et cet enfantement permet l’émergence d’une généalogie biologique jusqu’alors quasi absente qui donne au corps son historicité transgénérationnelle. Au cours de l’âge adulte, le corps continue très fréquemment à être présenté à travers des activités sportives plus ou moins régulières, dans des émotions sensuelles élargies à la diversité des espaces naturels et humains, aux variations culturelles des esthétiques humaines (vêtements, maquillages, coiffures, tatouages, etc.), à la pratique et/ou à la jouissance des Arts.
Dans les parcours de vie racontés, la santé du corps et la mort occupent une place importante. Ce thème de la santé du corps nous permet d’observer le rapport au corps qui constitue le deuxième volet du corps parlé. Les expériences du corps malade occasionnellement, plus ou moins durement et/ou durablement atteint, du corps soudain handicapé définitivement, en particulier porteur de stigmates sont des sources de compréhension a posteriori de l’unité de l’être somatopsychique dans tous ses attributs. C’est souvent le début, plus ou moins tôt dans la vie,  d’une quête d’un mode de vie mieux équilibré dans lequel la place du corps dans la quête du sens de la vie devient majeure sinon centrale. En effet, les questions de savoir « Qu’est-ce qu’être en bonne santé ? » et « Quels moyens avons-nous à notre disposition pour retrouver ou maintenir une bonne santé ? » émergent le plus souvent lorsque le « Soi corporel » est perçu dans toute sa fragilité, mais aussi dans sa capacité évolutive et d’auto-guérison (ex : la cicatrisation, le repos, les exercices, la stimulation des auto-anticorps, etc. pour ne prendre que des exemples très simples). La dimension corporelle des vécus, comme la dimension des vécus corporels offrent ainsi tout au long de l’existence des potentialités de prises de conscience sur la nature ouverte, évolutive, malléable, autopoïétique de notre être-au-monde, disposant donc d’un Soi au potentiel énorme encore à découvrir. Cet énoncé parle explicitement du rapport que j’entretiens avec moi-même et mon corps compte tenu de ma vision de l’humain (partie d’une cosmogonie singulière plurielle). Il y a 25 ans, je n’aurais pas pu écrire cette proposition. Mes conceptions du Moi, du Soi, du Corps étaient différentes. Mon corps était une sorte d’habitacle de ma conscience, de mes pensées, de mes rêves, de mes émotions et mes sentiments : Je avait un corps. Dans la majorité des récits, le rapport au corps est de même nature, même si les auteurs pensent, comme c’est devenu le sens commun aujourd’hui, que nous avons une responsabilité dans notre santé. La conception de cette responsabilité se rapproche de celle de bien entretenir sa voiture si l’on veut qu’elle dure longtemps. Pour l’entretien du corps, il y a aussi des professionnels qui sont là pour prendre soin de ce corps (plus rarement pour nous apprendre à prendre soin) et en examiner les symptômes gênants par des batteries d’analyses, ou bien leur consultation régulière à des fins préventives. Il y a également des laboratoires qui fabriquent toutes sortes de produits allopathiques ou organiques en réponse à des carences ou à maladies virales, bactériennes ou auto-immunes. Un lien d’extériorité avec ce corps qui sous-tend une psyché. Le passage du Je a un corps à la découverte du Je est corps ou du Moi-corps4 est un changement de paradigme qui s’effectue au cours d’une quête d’attention consciente qui amène à rencontrer sur son chemin de vie des techniques de prendre soin de soi et de méditations transformant peu à peu nos représentations et idées initiales sur nous-mêmes et, par là, notre rapport à nous-mêmes. Étonnamment nombreux sont les récits de vie qui font référence à cette quête à travers un éventail d’approches qui vont des thérapies corporelles occidentales au Yoga en passant par le Tai Chi Chouan, ainsi que les différentes formes de méditation extrême-orientales. L’approche évoquée ici est celle d’une thérapie manuelle dénommée « fasciathérapie », associée à une introspection sensorielle et une gymnastique sensorielle que j’ai rencontrés, après bien d’autres expériences dans mon itinéraire de vie, grâce à des amis qui ont pris soin de moi au moment d’un « burn out » où la reprise réflexive de mon récit s’est avérée une impasse.

Le vécu du corps Sensible comme voie de passage vers un nouveau paradigme de connaissance « biographique » singulière-plurielle : le corps parlant

Il est indispensable de prévenir le lecteur que ce qui va être présenté maintenant n’a rien à voir avec  ce qui pourrait être dit sur le corps parlant du point de vue psychanalytique ou de la médecine psychosomatique. De plus, à ce point de mon propos, je prends mon expérience du Sensible, depuis 2002, comme un exemple de cheminement dans ce renversement de perspective. Je renvoie le lecteur qui souhaite se documenter sur cette thérapie manuelle, son approche éducative de la perception et de l’attention consciente et, par là, de son potentiel transformateur, au site internet du CERAP5 (Centre d’études et de recherche en psychopédagogie perceptive), alimenté par les travaux des praticiens-chercheurs de la fasciathérapie et de la somato-pédagogie sous la direction du Pr. Danis Bois6 (voir notamment la revue en ligne Réciprocités7).

…le Sensible désigne alors la qualité des contenus de vécus offert par la relation au mouvement interne, et la qualité de réceptivité de ces contenus par le sujet lui-même.
(Bois & Austry, 2007)

L’attention consciente au mouvement interne grâce à la relation de réciprocité et à la     découverte du corps parlant

Chaque thérapeute a ses « empreintes manuelles questionnantes » spécifiques : cette dimension est habitée par une originalité d’expression du Sensible s’actualisant et mis en œuvre par une personne ayant son histoire de vie, et donc sa sensibilité, ses compétences propres, ses ressources psychiques et son intelligence du Sensible. C’est cette originalité qui vient à la rencontre d’une autre, celle du patient, qui sent l’implication Sensible, incarnée du thérapeute, le corps à corps qui se joue dans le dialogue tissulaire proposé par le toucher du thérapeute (voir Christian Courraud, 2007) pour remobiliser mon mouvement interne. La personne du thérapeute, le corps Sensible du thérapeute, son toucher sollicitant mes réponses tissulaires  comme son respect de mon corps en rééducation et de ma personne en quête de renouvellement sont constitutifs de rapports et  d’interrelations qui s’inscrivent dans un espace relationnel biographiquement significatif. C’est le premier niveau du corps parlant de son passé (blocages tissulaires ou tensions) et cherchant une voie de passage (issue pour une remise en mouvement) vers un advenir somatique et psychique qu’il deviendra peu à peu possible de nommer symboliquement. Cette réciprocité est dans la présence à l’autre : présence de celui qui est touché à celui qui touche et présence de celui qui touche à celui qui est touché. Les deux se sentent ainsi engager somato-psychiquement dans une découverte de ce que Danis Bois nomme leur subjectivité corporelle, voie d’accès au corps parlant. Mes expériences de fasciathérapie depuis six ans débouchent actuellement sur une capacité à nommer mon vécu du Sensible, et à le transformer en expérience formatrice, transformatrice et fondatrice d’une vision renouvelée de ma biographie et d’un renouvellement de ma vision du travail biographique. L’accès à ce corps parlant de mon histoire passée, présente et future (à travers des sensations, des images, des visions animées – sortes de rêves éveillés –  des réminiscences, mais aussi des idées et des choix qui s’imposent tout à coup avec évidence et grâce à l’attention consciente portée au mouvement interne qui se manifeste par la médiation des fascias) est une voie de connaissance de son histoire en devenir totalement originale, complémentaire à celle du discours biographique réflexif sur mon histoire de vie en général et ce que fut l’histoire du rapport à mon corps, l’histoire de son processus de formation, d’apprentissage et de connaissance : « Tout se passe comme si la sensation ne se contentait pas d’exister en tant que sensation, mais qu’elle évoquait quelque chose d’autre, davantage de l’ordre d’une information, c'est-à-dire d’un renseignement, d’un élément de connaissance. C’est pourquoi quand cette information se formule on parle de fait de connaissance. » (Berger, 2006)
Peu à peu, ce corps allongé ou assis ou debout qui est moi dans son entièreté (de la pensée peut apparaître tandis que je suis en contact avec mes pieds, comme un mouvement peut modifier la perception d’une partie de mon cerveau, une nouvelle topologie de mon corps s’imposer de façon inopinée), ce corps donc se laisse découvrir, apprivoiser dans sa profondeur, dans ses évènements internes, dans son animation, sa mouvance, dans l’émergence de sensations inédites, dans des kaléidoscopes de couleur et parfois d’images, d’idées, ou dans un mutisme, dans une nuit ou dans une grisaille auxquelles il fallait donner autant de valeur qu’aux  autres émergences plus lumineuses et colorées. Pour accéder à ce corps parlant, j’ai dû apprendre à me mettre en contact, dans un premier temps avec de la « connaissance préréflexive » (Leão, 2004) pour accueillir ce qui se donne dans une intériorité incarnée dans le mouvement interne et les ensembles tissulaires, pour intégrer cette donation8, laisser advenir une résonance, écouter ce qu’elle « dit », être attentive à ce que je ressens de cet événement, qualifier cet éprouvé, lui donner une valeur, lui chercher un sens, le nommer de façon cohérente et audible dans un partage avec une communauté d’apprenants-chercheurs comme moi. On voit bien qu’avec ce type de travail sur soi, avec soi et dans une altérité, nous opérons un renversement de perspective et un changement de paradigme dans lequel l’attention consciente au corps-que-je-suis m’informe à sa manière sur un état des lieux mon être et son devenir. En effet, il s’agit en prenant grand soin d’être rigoureux dans les observations faites dans les traitements, dans les introspections du Sensible, puis dans la vie quotidienne, de préserver la fluidité du mouvement interne des fascias et d’être à l’écoute d’une intentionnalité qui se révèle grâce à mon attention à la vitalité du mouvement interne: « Notre projet fondamental est de contribuer à réhabiliter le corps sensible, en tant que dimension expérientielle et en tant que source de connaissances (…). Dans ce sens, le Sensible désigne alors la qualité des contenus de vécus offert par la relation au mouvement interne, et la qualité de réceptivité de ces contenus par le sujet lui-même. Le mouvement interne est, pour nous, l’ancrage premier d’une subjectivité corporéisée. Sous ce rapport, le sujet découvre un autre rapport à lui-même, à son corps, et  à sa vie, il se découvre Sensible, il découvre la relation à son Sensible. » (Bois & Austry, 2007). La découverte, l’expérimentation et l’exploration incarnée du paradigme du Sensible que j’articule ici à mes recherches9 avec les récits de formation ouvre une perspective nouvelle dans le champ biographique et crée un nouveau territoire associant projet de santé, projet de formation, projet de changement des rapports à soi, aux autres, à notre environnement humain et naturel ainsi qu’une disponibilité à une évolutivité créatrice aux issues surprenantes.

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Annexe : Savoir circuler parmi les quêtes qui animent et orientent la recherche d'une sagesse de vie intégrant les dimension de notre être-au-monde. (c) Marie-Christine Josso, sociologue, anthropologue. Dr en sciences de l'éducation, Professeur de l'Université de Genève, Faculté de psychologie et des sciences de l'éducaiton.

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Marie-Christine Josso

Sources: 

Bateson, G. (1980). Vers une écologie de l’esprit. Vol. II. Seuil.
Berger, E. (2006). La somato-psychopédagogie. Ivry-sur-Seine : Editions Point d’Appui.
Bobin, C. (2007). La Dame Blanche, Miss Emily Dickinson. Coll. L’un et l’Autre, Gallimard, NRF.
Bois, D. & Austry, D. (2007). Vers le paradigme du Sensible. In Réciprocités, n° 1, revue en ligne, www.cerap.org.
Courraud, C. (2007). Toucher psychotonique et relation d’aide : l’accompagnement de la personne dans le cadre de la kinésithérapie et de la fasciathérapie. Mémoire de Mestrado en psychopédagogie perceptive, Université Moderne de Lisbonne. En ligne : www.cerap.org.
Leão, M. (2004). La présence totale au mouvement. Ivry-sur-Seine : Editions Point d’Appui.

 

Notes

1. Les phrases en italiques désignent des idées majeures.

2. J’évoque ici les 24 années de recherche-formation, systématique et protocolée, effectuées dans différents pays, avec différentes populations, dans différents contextes professionnels et institutionnels, avec une démarche essentiellement intellectuelle, bien que j’aie développé par la peinture, la photo et les objets d’autres types d’approches biographiques.

3. Grégory Bateson décrit fort bien les niveaux d’amplitude des apprentissages possibles connus à ce jour : Bateson, G. (1980). Vers une écologie de l’esprit, Vol. II, Seuil.

4. Je sais que le « moi-corps » est un concept utilisé par la psychanalyse pour évoquer des pathologies psychiques tel que l’autisme (voir sur www.sciencedirect.com, L’évolution psychiatrique de Eliane Allouch, Paris XIII) ; ici, il ne signifie que l’évidente matérialité ou incarnation du Je.

5. www.cerap.org.

6. D. Bois est professeur associé de l’Université Fernando Pessoa, psychopédagogue, kinésithérapeute, ostéopathe, fondateur de la fasciathérapie et de la somato-psychopédagogie, titulaire d’un doctorat européen en sciences de l’éducation de l’Université de Séville.

7. En particulier dans le N° 1 l’article sur le paradigme du Sensible de D. Bois et D. Austry.

8. En octobre 2007 à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), je me suis souvenu, lors d’un travail sur l’intégration d’événement interne valorisé et signifiant, qu’un ostéopathe, sur le chemin de St Jacques de Compostelle, m’ayant remis en place des os dans un de mes pieds, m’a fait marcher plusieurs minutes dans son cabinet avec la pleine conscience que mon pied était redevenu normal et qu’il fallait que j’absorbe pleinement ce retour à la normale pour effacer la trace du traumatisme inscrit dans les tissus.

9. “ Formarsi in quanto adulti: sfide e rischi, poste in gioco, risorse e difficoltà ”, in revue Adultità No 2, Revue de la Faculté des sciences de la formation, Università degli studi di Milano, Ed. Guerini e Associati, Oct. 1995.

 “ La ricerca della saggezza ” in Adultità, No 8, Revue de la Faculté des sciences de la formation, Università degli studi di Milano, Ed. Guerini e Associati, Milan, nov. 1998.

 “Caminare verso di sé”, Capitulo 11, Autoformazione, A cura di Gian Pier Quaglino, Raffaello Cortina Editore, Milano (I), 2004, , pp.159-185

Expériences de vie et formation, CD-Rom-PDF, Ed. Genève 2002. (À commander à marie-christine.josso@unige.ch  ou josso.cris@bluewin.ch)

Cheminer vers soi, Ed L’Age d’Homme, Paris/Lausanne, 2ème édition, 1997. (À commander à marie-christine.josso@unige.ch  ou josso.cris@bluewin.ch)


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La revue "Réciprocités"

Cet article est issu de notre revue :

Numéro 3 - Advenir et démarche de sens

Ce numéro est consacré à la poursuite de l'explicitation des concepts fondant le paradigme du Sensible.

Après l'éditorial que nous offre le Professeur Pierre Paillé sur la tension créatrice qui nourrit la recherche qualitative, le professeur Danis Bois présente le concept de l'advenir, à la croisée des temporalités

La professeure Marie-Christine Josso analyse la place du vécu du corps dans l'expérience biographique sensible comme lieu d'accueil de l'advenir